Deux reliques pour la Basilique Notre-Dame

Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre · 2018-10-01 · Introibo n°128 - octobre 2018

Saint Nicolas de Flue et saint Pierre Canisius sont désormais vénérés à la chapelle du Rosaire

Jusque dans les années 80, la Basilique Notre-Dame de Fribourg conservait précieusement deux reliques des saints Nicolas de Flue et Pierre Canisius exposées dans deux petits coffres-reliquaires sur un autel latéral. Malheureusement, il y a une trentaine d’années, ces reliques furent volées et les reliquaires restèrent vides...

Désireux de pouvoir à nouveau vénérer ces deux illustres saint suisses (d’origine pour Nicolas de Flue ou d’adoption pour Pierre Canisius), nous avons demandé à l’évêché s’il serait possible que la Basilique reçoive à nouveau des reliques de ces deux saints. Après des recherches, le chancelier du diocèse nous a prévenus que l’évêché disposait de deux petits reliquaires de taille quasiment identiques et contenant des fragments d’ossements de ces deux saints. L’évêque acceptait de  les donner à la Basilique pour la vénération des fidèles. Il fallut encore plusieurs mois pour trouver le meilleur moyen d’exposer ces reliques ainsi que le lieu le plus digne et sécurisé… Ce sont finalement deux reliquaires néo-baroques dorés, entourés de quatre chandeliers argentés, qui ont trouvé place sur l’autel de la chapelle du Rosaire il y a quelques jours.

La Basilique est très reconnaissante à Mgr Morerod de ce don important. Ayons à cœur, notamment à l’occasion de la récitation quotidienne du chapelet dans cette chapelle du Rosaire, de prier saint Nicolas de Flue et saint Pierre Canisius pour l’Église, la Suisse et notre diocèse, ainsi que pour toutes les intentions qui nous sont chères.

Qu’est-ce qu’une relique ?

Du latin reliquiae : restes. Ce qui reste d’une personne honorée comme un saint (éléments corporels, objets lui ayant appartenu). Le culte rendu aux reliques, qui s’adresse aux saints est un culte de vénération et non d’adoration, réservé à Dieu seul. Ce culte remonte aux martyrs des premiers siècles, sur les tombeaux desquels on venait prier et célébrer la messe. De plus, en priant devant des reliques corporelles et en les vénérant avec respect, nous nous rappelons qu’un jour tous les corps des défunts ressusciteront et que les restes mortels des saints deviendront des corps glorieux et transfigurés dans la gloire du Paradis. C’est ce que nous professons dans le Credo lorsque nous disons : « je crois en la résurrection de la chair et en la vie éternelle ».

Qui est saint Nicolas de Flue ?

Nicolas naquit à Flüeli, près de Sachseln, dans le diocèse de Constance, le 21 mars 1417. Dès son enfance il étonna son entourage par son esprit d’austérité et ses aspirations vers la solitude. Vers l’âge de 30 ans, il épousa Dorothée Wyss, avec laquelle il eut dix enfants. En 1467, avec le consentement de son épouse, il alla se cacher dans la montagne, en un lieu appelé Ranft. Durant vingt ans il allait y vivre sans prendre d’autre nourriture que la sainte Eucharistie. Sa sainteté et ses miracles attirèrent bientôt dans son ermitage de nombreux pèlerins, auxquels il prodiguait des conseils inspirés par une sagesse céleste. D’une vision qu’il eut de la sainte Trinité, il garda jusqu’à la fin de ses jours un visage resplendissant. Le 21 mars 1487, après une longue et pénible maladie, saint Nicolas s’endormit paisiblement dans le Seigneur. Le Pape Pie XII l’a canonisé et a fixé sa fête au 25 septembre.

Qui est saint Pierre Canisius ?

Né à Nimègue (Hollande), en 1521, Pierre Canisius fut, peu de temps après son entrée dans la Compagnie de Jésus, envoyé en Allemagne pour y défendre le catholicisme contre l’hérésie protestante. Sa vie ne fut plus, dès lors, qu’une suite ininterrompue de voyages, de prédications ; il fonda de nombreux collèges et universités en Allemagne en Suisse et en Autriche, participa à la Diète d’Augsbourg, à la Diète de Worms et au Concile de Trente. Quatre papes successifs l’envoyèrent en mission spéciale auprès de princes et d’évêques allemands. Grâce à lui, des régions entières, comme la Bavière et les Pays Rhénans, furent préservées de l’hérésie ; aussi partage-t-il avec saint Boniface le titre d’Apôtre de l’Allemagne.  En 1581 il fut envoyé à Fribourg en Suisse pour fonder le Collège Saint-Michel. Il y prêcha sans relâche, continua d’écrire et de publier des ouvrages de piété et de controverse. Il fonda également la Congrégation Mariale dans l’église (aujourd’hui basilique) Notre-Dame. Il mourut à Fribourg en 1597. Ses ouvrages, notamment son Catéchisme, qui fournit, de nos jours encore, la base et la structure de l’enseignement de la foi, l’ont fait canoniser et proclamer « Docteur de l’Église » par le Pape Pie XI en 1925. Il est fêté le 27 avril.