Un enfant nous est né, un fils nous a été donné
Abbé Arnaud Evrat, FSSP · 2019-01-01 · Introibo n°131 - janvier 2019

Au matin de Noël, ces mots, portés par une magnifique mélodie grégorienne, résonnent à nos oreilles. A la suite des anges venus porter la nouvelle aux bergers, l’Église nous annonce à son tour : un enfant nous est né, un fils nous a été donné. Ce Fils, c’est le Verbe de Dieu, c’est Dieu lui-même qui s’est fait homme, qui s’est fait chair.
Acte de Foi
En face de ce mystère, en entendant ces paroles, faisons tout d’abord un acte de Foi. En apparence, cette année encore, rien n’a changé. Si les combats, les guerres semblent s’arrêter le jour de Noël, ils reprennent ensuite avec toujours la même férocité. La fête, les repas, les rires, dont nos villes sont témoins ne cacheront pas bien longtemps la misère, la tristesse, le désespoir de beaucoup de nos contemporains…
Et pourtant, notre Foi affirme que ce jour de Noël n’est pas comme les autres.
Aujourd’hui, il nous est né un Sauveur. Comme tout ce qui vient de Dieu, cette naissance est discrète, cette venue se fait sans bruit. Comme le jour où le Christ est né à Bethléem : dans la paix, le calme et le silence… seulement quelques bergers sont venus l’adorer dans la nuit. « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. »
Mais quelle Foi chez ces quelques bergers. Nous, nous savons qui est cet enfant. Nous savons d’où il vient. Quelle sera sa vie, sa mort. Nous savons qu’il sera vainqueur par la Résurrection. Eux, ils ne voient rien qu’un petit enfant enveloppé de langes et couché dans une mangeoire... et pourtant ils l’adorent comme leur Sauveur.
Alors faisons, nous aussi, cet acte de Foi. Contemplons sous les traits du nouveau-né, la splendeur du Verbe incréé.
« Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. »
Mon Dieu je crois fermement que vous êtes né de la Vierge Marie et que vous voulez, aujourd’hui encore, naître spirituellement en mon âme ; que vous voulez y habiter par votre grâce pour m’aider à devenir un saint.
« A tous ceux qui l’ont reçu il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. »
Acte d’Espérance
Car voici l’affaire de notre vie, la raison profonde de la venue du Sauveur à Noël : que nous devenions des saints.
Faisons ensuite un acte d’Espérance. Cette fête de Noël, ce paisible Enfant, pourquoi sont-ils pour nous synonymes de Bonheur ? C’est parce que nous savons que le Christ vient nous apporter un vrai Bonheur, le seul Bonheur : il vient se donner à nous et nous rouvrir les portes du Ciel.
Écoutons saint Augustin : « O homme, éveille-toi ; c’est pour toi que Dieu s’est fait homme. "Toi qui dors, lève-toi ; lève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera". Oui, c’est pour toi que Dieu s’est fait homme ; et s’il n’était né dans le temps, éternellement tu serais mort ; jamais tu ne serais délivré de cette chair de péché, s’il n’en avait pris la ressemblance ; s’il ne te faisait une si grande miséricorde, tu serais livré à une misère sans fin ; tu n’aurais point recouvré la vie, s’il ne s’était assujetti à mourir comme toi ; tu aurais succombé, s’il ne t’avait secouru ; tu aurais péri, s’il n’était venu. »
Alors ravivons notre Espérance : Mon Dieu j’espère avec une ferme confiance qu’en ce jour très saint vous me donnerez les grâces dont j’ai tant besoin : grâce d’humilité, grâce de simplicité, et particulièrement telle grâce dont j’ai un si grand besoin. Mon Dieu, j’espère ainsi parvenir un jour au Ciel et y chanter avec les anges : « Gloria in excelsis Deo ».
Acte de charité
Faisons enfin un acte de charité. Ne quittons pas la crèche sans avoir adoré de tout notre cœur un Dieu si bon.
Comme aimaient à le répéter les Pères « Dieu s’est fait homme, afin que l’homme devînt Dieu. » Par sa venue sur terre, le Christ nous donne de participer à sa vie divine. C’est cet « admirable échange » admirabile commercium que chante la liturgie. Dieu prend, en s’incarnant, notre nature humaine ; il nous donne en retour une participation à sa nature divine.
Adorons ce Verbe incarné pour nous. Oh ! Si la contemplation de la naissance de Jésus et la participation à ce mystère par la réception de son Corps, pouvaient nous permettre d’en finir avec tout ce qui, en nous, détruit ou diminue cette vie divine !
Mon Dieu je vous aime de tout mon cœur. Je vous adore Enfant-Dieu couché dans la mangeoire, et je vous adore Jésus-hostie entre les mains du prêtre à la messe. Car si nous n’avons pas pu, comme le berger, l’adorer à la crèche, nous pouvons dans l’Eucharistie le recevoir aujourd’hui.
« Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ».