Méditation sur le temps
Abbé Arnaud Evrat, FSSP · 2019-02-01 · Introibo n°132 - février 2019
Vers quoi avançons-nous ?
Après l’Avent, Noël et l’Épiphanie, voici la Septuagésime, le Carême et Pâques… Les mois, les années se succèdent et semblent parfois se répéter. Si bien que l’homme a tendance à oublier que sa vie a un sens, que l’Histoire elle-même est tendue vers le retour glorieux du Seigneur. Loin d’être un cercle refermé sur lui-même, le cycle liturgique veut ainsi nous faire pénétrer plus profondément dans le mystère de notre salut et nous aider à le laisser agir en nous pour chaque jour nous permettre de devenir meilleurs.
Vers quoi avançons-nous ? Quel est le but de notre pèlerinage ? Qui y a-t-il au bout du chemin ? S’il ne trouve pas de réponse à ces questions (ou pire, s’il ne se les pose même pas) l’homme risque de passer totalement à côté de ce pour quoi il a vu le jour. Il risque aussi de se décourager à la première difficulté, se disant à lui-même : à quoi me sert-il d’avancer si la mort vient irrémédiablement interrompre, là où nous en étions, cette marche sans but ?
Le chrétien ne peut se résoudre à croire que la vie n’a pas d’autre but que le néant et d’autres chemins que le hasard ou la nécessité. Au contraire, il a cette certitude que l’homme est fait pour le bonheur ; que ce désir est inscrit au plus profond de son être et qu’il est tellement fort que seul un bonheur éternel peut le rassasier. Cette béatitude infinie et éternelle, but de notre pèlerinage et terme de notre voyage, le baptisé croit qu’il consiste en l’union avec Dieu dans le Ciel, en la vision béatifique dans le paradis, qui vient combler pour toujours dans l’au-delà ceux qui ont espéré en lui ici-bas.
Nous comprenons alors que de notre vie sur terre va dépendre notre destinée éternelle. Faut-il nous en étonner ? Non, bien au contraire, car Dieu nous ayant créés libres veut que nous répondions librement à son appel. Il ne force personne à prendre le chemin qui conduit à la vie éternelle. Faut-il nous décourager ? Pas davantage, car tout au long de notre vie, il ne cesse de nous fortifier par sa grâce si nous sommes faibles et de nous relever par sa miséricorde si nous sommes tombés.