Prier pour le salut des pécheurs
Abbé Arnaud Evrat, FSSP · 2019-05-01 · Introibo n°135 - mai 2019
avec Marie, Mère de Miséricorde
Chers fidèles,
« Beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’il n’y a personne qui se sacrifie et prie pour elles » : il s’agit sans doute là de la parole la plus forte de la Vierge Marie à Fatima. Bien entendu, il ne s’agit pas de mettre une limite à la miséricorde divine ou à l’efficacité de la Rédemption. « Dieu veut le salut de tous les hommes » et le sacrifice du Christ vaut infiniment et peut racheter tout le monde. De là vient notre invincible espérance, pour nous-mêmes et pour tous les hommes.
Mais en même temps, pour que cette Puissance de Salut soit appliquée à chacun, génération après génération, il est normal que cette grâce de rédemption passe par le canal de l’Église, qui est constituée par nous tous, et tout spécialement par ceux qui ont un lien spirituel avec le membre souffrant à sauver. C’est ainsi que saint Paul a conscience que, si le sacrifice du Christ est total et surabondamment suffisant, il lui faut pourtant « compléter ce qui manque aux épreuves du Christ, en faveur de son corps, qui est l’Église. »
Ainsi, à Fatima, la Sainte Vierge veut inciter les trois enfants - et, à travers eux, nous tous - à être plus attentifs au salut des pécheurs. Marie nous invite à être plus généreux en nous rappelant que nos sacrifices « complètent ce qui manque aux épreuves du Christ » et lui permettent de souffrir en quelque sorte en nous et avec nous pour sauver les pécheurs.
Dans son encyclique sur l’Église, Corps mystique du Christ, le pape Pie XII a repris exactement la doctrine enseignée aux enfants par la Vierge : « Il y a un mystère redoutable, déclarait-il, que nous ne méditerons jamais assez : le salut de beaucoup dépend des prières et des pénitences volontaires des membres du Corps mystique du Christ ». Jamais comme à notre époque il n’est aussi urgent d’arracher l’homme au péché et de le retourner (de le « convertir ») vers Dieu, car jamais peut-être tant de forces mauvaises ne travaillent à le séparer de son Créateur.
Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime ! Et je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas.