Bienheureuse Marguerite Bays
D’après André Castella · 2019-09-01 · Introibo n°138 - septembre 2019
une géante de la sainteté à hauteur des petits
Femme toute simple en apparence, la bienheureuse Marguerite Bays a mené une vie ordinaire et cachée avec le Christ en Dieu. Femme de prière, elle montre par sa vie que « la prière n’éloigne pas du monde. Bien au contraire, elle élargit l’être intérieur, elle dispose au pardon et à la vie fraternelle » (st Jean Paul II). Sa canonisation aura lieu à Rome le dimanche 13 octobre prochain.
Une famille modeste
Marguerite Bays est née le 8 septembre 1815, à La Pierraz (paroisse de Siviriez), dans la campagne fribourgeoise, où elle a passé toute sa vie. Elle était la deuxième enfant de Pierre Antoine Bays et de Joséphine, née Morel. Issue d’une famille de paysan, elle resta célibataire et passa sa vie dans la famille de son frère Claude qui avait repris l’exploitation familiale. Dès l’âge le plus tendre, Marguerite manifesta une grande piété. Elle était attirée par le silence et la solitude. Devenue adulte, elle apprit le métier de couturière. Marguerite se dévoua toute sa vie au sein de la paroisse de Siviriez, où tous la considéraient comme « une paroissienne modèle ». Membre du Tiers-Ordre de saint François, elle faisait également partie de la Confrérie du Rosaire et de la Confrérie du Saint Sacrement et assistait chaque jour à la Messe. Guérie miraculeusement d’un cancer des intestins le 8 décembre 1854 (jour de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception), Marguerite ne fut cependant pas épargnée par la souffrance.
Unie aux souffrances du Christ
Les souffrances et la mort du Christ sont source de salut. Dès lors toute souffrance supportée avec courage et par amour en union au Christ mort et ressuscité, devient participation à l’édification du royaume de Dieu qui atteindra sa plénitude à la fin des temps. Alors, Dieu « essuiera toute larme de leurs yeux ; de mort, il n’y en aura plus ; de pleurs, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’est en allé. » (Ap 21, 4) Jésus nous a prévenus : « Que celui qui veut être mon disciple prenne sa croix et qu’il me suive ! » (Mt 16,24) Marguerite Bays a pris sa croix et elle a suivi le Christ fidèlement, dans la discrétion et l’effacement. À partir de 1860, elle fut associée aux souffrances du Christ par les stigmates : chaque vendredi, elle revivait la Passion dans sa chair. Unie à Jésus, elle offrait ses souffrances dans le silence et l’intimité de sa chambre, à l’abri des regards. Le Curé de Siviriez demanda une enquête médicale. Celle-ci dut reconnaître que la science n’était pas à même d’expliquer certains phénomènes, notamment les stigmates.
Visions et révélations
Les visions de Marguerite Bays ne se limitaient pas au temps de ses extases. Elle voyait des événements qui se passaient hors de la portée de son regard. Un jour qu’elle était en prière dans sa chambre, elle « vit » venir en direction de La Pierraz trois voyageurs. Ils passèrent devant la chapelle de Notre-Dame du Bois, située entre Romont et La Pierraz. Seul, un frère convers de l’Abbaye d’Hauterive entra dans la chapelle pour adresser une prière à Marie. Lorsqu’ils parvinrent auprès de Marguerite Bays, celle-ci dit au Frère : « Vous avez bien fait, Frère Joseph, d’aller saluer la Sainte Vierge en passant devant sa chapelle ! » Marguerite voyait aussi des choses à venir. Un cas parmi d’autres : elle savait notamment que sa filleule Alphonsine deviendrait moniale au monastère cistercien de la Fille-Dieu à Romont. Une âme d’apôtre Elle avait le souci de l’épanouissement de la foi dans la vie paroissiale. Afin de développer le sens du mystère de l’Incarnation, elle préparait pour Noël une petite cérémonie autour d’une crèche qu’elle préparait dans sa chambre. Elle-même priait et chantait. C’était pour elle une occasion de faire prier les gens. Marguerite s’occupait spécialement des enfants pauvres. Elle raccommodait gratuitement leurs habits et parfois même les habillait de neuf. Elle était aussi particulièrement zélée à visiter les malades : elle les assistait de ses prières, les rassurait dans leurs angoisses et les encourageait à souffrir avec patience et confiance en Dieu. Elle s’occupait enfin des mourants, allant souvent les veiller, les exhortant à la pénitence et à la réconciliation et les préparant à paraitre devant Dieu.

La dernière étape
Marguerite Bays souffrait de douleurs aiguës à la tête. Un feu intérieur la brûlait. Personne ne voyait ce qu’elle avait. Au cours du Carême 1879, un affaiblissement général croissait de jour en jour. Loin de se plaindre ou de murmurer, elle endurait ses souffrances avec une pa3 tience incomparable. Elle se soumettait en silence aux traitements des médecins, tout en se rendant compte que les remèdes humains étaient désormais inutiles. Marguerite avait demandé à Notre Seigneur la grâce de mourir pendant la fête du Sacré-Cœur et, de fait, elle a quitté ce monde le vendredi dans l’octave du Sacré Cœur, le 27 juin 1879, à 15 heures.
Béatifiée par St Jean-Paul II
La cérémonie de béatification eut lieu il n’y a que quelques années, le 29 octobre 1995, en la basilique Saint-Pierre de Rome. Le pape Jean-Paul II proclamait simultanément bienheureuses deux autres Suissesses : Sœur Marie-Thérèse Scherrer, fondatrice des Sœurs de la Sainte Croix d’Ingenbohl (1825-1888), et Sœur Maria Bernarda Buttler (18481924), fondatrice des Franciscaines de Marie Auxiliatrice. La fête liturgique de la Bienheureuse Marguerite Bays a été fixée au 27 juin.
Vers la canonisation
Le mardi 15 janvier 2019, le Saint Père le Pape François a autorisé le décret concernant le miracle attribué à l’intercession de la Bienheureuse Marguerite Bays. Sa canonisation aura lieu à Rome le dimanche 13 octobre prochain. Dès aujourd’hui, invoquons la (bientôt !) sainte Marguerite Bays, qui nous apportera l’aide espérée du Ciel.
Prière à Marguerite Bays
Ô Bienheureuse Marguerite Bays, fille de Saint François d'Assise, vous qui avez tant aimé le Seigneur, nous vous en supplions, exaucez nos prières et écoutez nos supplications. Faites que, fidèle à votre exemple et à votre message, nous comprenions toujours plus la valeur de la pénitence, du sacrifice, de la fidélité à suivre l'Évangile et à le vivre dans nos vies. Faites que, fidèles à la communion et aux sacrements, à votre suite et avec vous et la Vierge Marie, votre et notre Mère, nous parvenions à la Gloire Céleste où nous participerons au banquet des Noces éternelles, et glorifierons le Seigneur, notre Dieu Trois Fois Saint, le Père, le Fils et le Saint Esprit, qui vit et règne pour les siècles et les siècles. Ainsi soit-il.