Épiphanie du Seigneur - Un Dieu humble et discret

Saint Léon le Grand · 2020-01-01 · Introibo n°142 - janvier 2020

Un Dieu humble et discret

C’est dans la continuité du mystère de Noël que l’Épiphanie de Jésus, c’est-à-dire sa « manifestation », reste dans le cadre de sa vie cachée.

Ce n’est pas sans raison que les trois mages, conduits par la clarté d’une nouvelle étoile jusqu’à Jésus qu’ils devaient adorer, ne l’ont pas vu tel qu’il commande aux démons, ressuscite les morts, rend la vue aux aveugles, la marche aux boiteux et la parole aux muets, ou en quelque manifestation de sa puissance divine : ils l’ont vu en enfant silencieux et tranquille, livré aux soins de sa mère, sans qu’apparaisse aucun signe de sa puissance divine, mais dans la manifestation du grand prodige de l’humilité.

Le spectacle de la sainte enfance à laquelle le Fils de Dieu se prêtait, mettait sous leurs yeux la prédication qui serait proclamée aux oreilles, que le son de sa voix ne proférait pas encore, mais que ce que l’on en voyait enseignait déjà. En effet, toute la victoire du Sauveur sur le diable et sur le monde, commencée dans l’humilité, s’est accomplie dans l’humilité. C’est dans la persécution que s’ouvre le temps de son destin, et dans la persécution qu’il s’achève : enfant, la souffrance ne lui a pas manqué ; destiné à souffrir, la douceur de l’enfance ne lui a pas manqué non plus, le Fils unique de Dieu ayant reçu dans un même abaissement de sa majesté, et de vouloir naître comme homme, et de pouvoir être mis à mort par les hommes.

Saint Léon le Grand, 7e sermon sur l’Épiphanie