Venez, divin Messie, nous rendre espoir et nous sauver. Venez ! Venez ! Venez !

Abbé Vianney Savy, FSSP · 2020-01-01 · Introibo n°142 - janvier 2020

J’ai vu briller l’étoile lumineuse qui m’indiquait le berceau de mon Roi, et dans la nuit calme et mystérieuse, elle semblait s’orienter vers moi. Puis j’entendis, pleine de charme, la voix de l’Ange qui me dit : « Recueille-toi, c’est en ton âme que le Mystère est accompli... » Ste Elisabeth de la Trinité O.C.D

« Ne craignez point, car je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie. Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ Seigneur. »  Lc 2, 10-12

Cette grande joie que l’ange vient annoncer aux bergers, pensons qu’il nous l’annonce en ce jour, qu’il nous dit à nous aussi : « Un Sauveur vous est né ! ». Nous étions perdus par le péché, Dieu vient nous racheter. Nous étions éloignés de Dieu, Il vient et s’incarne, Il se fait Homme, Il se fait l’un d’entre nous. Nos âmes étaient dans les ténèbres, la Lumière est venue en ce monde afin d’en éclairer tous les recoins, afin d’illuminer nos âmes par le trésor de la Grâce.

La nécessité d’un Rédempteur

Par le péché d’Adam, la nature humaine a été irrémédiablement affectée. L’-Homme a perdu le lien sacré qui l’unissait à son Dieu. Il fallait, afin de retrouver l’harmonie entre Dieu et les hommes, un réparateur, un Sauveur.

Quel Rédempteur ?

Ce sauveur, ce fut Dieu Lui-même. Par amour pour sa créature, Il s’est incarné. Il est descendu du Ciel et s’est Incarné « pour nous les hommes et pour notre salut », nous dit le Credo. Pourquoi fallait-il que ce soit le Christ, le Fils de Dieu ? Car la gravité de l’offense dépend de la qualité de la personne offensée. Or Dieu est infini. Ainsi toute offense faite contre Dieu est d’une gravité infinie, et aucune créature finie ne peut satisfaire à la dette qu’a laissée le péché dans l’âme. Pour réparer, pour satisfaire à cette dette, il fallait un homme-Dieu. Homme pour offrir au nom de l’humanité un sacrifice, Dieu pour que ce sacrifice fut en droit agréable à Dieu.

« L’offense faite à moi, qui suis le Bien infini, demande une satisfaction infinie. » Ste Catherine de Sienne, Dialogues

L’incarnation Rédemptrice

Cet homme-Dieu c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ qui naquit il y’a plus de deux mille ans à Bethléem de Juda pour s’offrir à son Père en sacrifice d’agréable odeur. Ce sacrifice commence dès l’incarnation par les souffrances que Notre-Seigneur a accepté volontairement de subir : la pauvreté (la naissance dans une crèche), la solitude (entouré uniquement de sa sainte mère et de saint Joseph), la morsure du froid, le piquant de la paille… Et les souffrances du Christ ne font que commencer ! Elles s’achèveront sur le Calvaire trente ans plus tard lorsque montant sur la Croix il dira « tout est consommé ». Dès l’incarnation, c’est tout le mystère du Salut qui commence. C’est la Croix qui est en vue, ce sont toutes les souffrances des hommes qui sont librement acceptées par Notre-Seigneur.

« Homme, éveille-toi : pour toi, Dieu s’est fait homme. Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. Pour toi, je le répète, Dieu s’est fait homme. Tu serais mort pour l’éternité, s’Il n’était né dans le temps. Tu n’aurais jamais été libéré de la chair du péché, s’Il n’avait pris la ressemblance du péché. Tu serais victime d’une misère sans fin, s’Il ne t’avait fait cette miséricorde. Tu n’aurais pas retrouvé la vie, s’Il n’avait pas rejoint ta mort. Tu aurais succombé, s’Il n’était allé à ton secours. Tu aurais péri, s’Il n’était pas venu. » St Augustin

Notre Joie

Alors réjouissons-nous d’un si grand mystère. Réjouissons-nous que notre Dieu se fisse Homme pour nous ramener auprès de Lui. Réjouissons-nous de pouvoir contempler dans cette modeste crèche cet enfant, si petit et pourtant infini, si fragile et pourtant si fort, si démuni et pourtant comblé de toutes les grâces et de toutes les bénédictions.

Réjouissons-nous car notre Salut est commencé. Réjouissons-nous car si nous le voulons, en nous unissant à cet enfant-Dieu, nous serons sauvés. Réjouissons-nous car Dieu nous aime. Quelle preuve d’amour plus grande pourrait-Il nous donner que celle d’avoir envoyé son Fils, la deuxième Personne de la Très Sainte Trinité, se faire l’un d’entre nous ?

« Si je ne vous aime pas, ô mon Jésus, vous qui êtes mon Sauveur et mon Dieu, qui donc aimerai-je ? Vous me dites que Vous êtes tout à moi et, de fait, c’est pour Vous donner entièrement à moi que Vous avez voulu naître… Après cela je refuserai d’être à Vous ?... Non… je me donne tout à Vous… Acceptez-moi en ce jour et ne permettez pas que je cesse jamais de Vous aimer. » St Alphonse de Liguori