La Croix

Abbé Arnaud Evrat, FSSP · 2020-03-01 · Introibo n°144 — mars 2020

ultime preuve d’amour

Chers fidèles,

En ce temps du Carême, ne détournons pas notre regard de la Croix. Comme les apôtres, peut-être ne comprenons-nous pas ce mystère ? Alors, réfléchissons ! Comme eux, cette perspective nous effraie-telle ? Alors, demandons la force ! Peut-être le message chrétien nous semble-t-il parfois une folie ? Alors, contemplons-le dans la foi !

Car la Croix nous montre l’amour de Dieu. Saint François de Sales s’interroge : « Dieu ne pouvait-il pas fournir au monde un autre remède que celui de la mort de son Fils ? N’était-il pas en sa puissance de pardonner à la nature humaine d’un pouvoir absolu et par pure miséricorde ? Assurément, répond ce docteur de l’Église, assurément Dieu pouvait nous racheter par mille autres moyens que celui de la mort de son Fils ; mais il ne l’a pas voulu, car – et voilà ce qu’il nous faut à tout jamais retenir – car ce qui était suffisant à notre salut ne l’était pas à assouvir son amour. »

C’est donc, conclut saint François de Sales, « pour nous montrer combien il nous aimait que ce divin Fils est mort de la mort la plus rude et ignominieuse qui est la mort de la croix. »

Voilà, ce qu’il nous faut méditer en ce temps liturgique. Voilà ce qui doit nous soutenir dans les efforts de prière, de sacrifice et d’aumône que nous allons consentir durant ce Carême. Car en contemplant la Croix, en méditant l’amour de Dieu pour l’homme pécheur, quel enseignement en tirer, sinon que, puisqu’il est mort d’amour pour nous, il faut que nous mourrions d’amour pour lui, ou que du moins nous ne vivions pour nul autre que pour lui !