La Charité, source de paix
Abbé Hubert Bizard, FSSP · 2021-07-01 · Introibo n°157 — juillet-août 2021
Nous venons tout juste de quitter le mois du Sacré-Cœur et l’une des promesses de Notre-Seigneur données à sainte Marguerite-Marie pour ceux qui auront une dévotion à ce Cœur adorable était : « je mettrai la paix dans leur famille ».
Dans un sermon donné à ses frères religieux (cela vaudrait aussi pour toute autre communauté, comme la famille par exemple), un chartreux demandait : « pour que la paix règne dans une communauté religieuse, que faut-il ? Il faut que la vie de tous et de chacun soit dominée par un seul principe : la charité. Il faut que Dieu seul règne sur chaque âme et sur toutes les âmes. Pour que la paix règne dans une communauté, il faut que chacun se mette à sa place, à la place que Dieu lui assigne. Et quelle est cette place ? C’est la dernière place. « Quand tu es invité à des noces, ne te mets pas à la première place » (Lc 14,8). Chacun peut et doit se dire : la place qui me convient à moi, ma place, la place où je dois être, c’est la dernière. Pourquoi ? Parce que le "moi", le "je", tout ce qu’il y a en nous de propre, c’est cela qui s’oppose à l’amour. Tout ce moi égoïste qui nous tient éloigné de Dieu, mettons-le, remettons-le toujours à sa dernière place. »
Travaillons donc toujours à faire régner la charité entre nous, dans nos familles ou dans nos associations, en ne cherchant pas à avoir cette première place qui bien souvent nous fait oublier notre toujours réelle petitesse, et nous conduit par contre à mépriser un peu celui qui est "au-dessous" de nous (ou que nous croyons tel). Cela commence dans des choses simples comme ne pas chercher nécessairement à imposer ses choix ou préférences comme devant être celles de ceux avec lesquels nous vivons. Ne pas se servir en premier, ou ne pas vouloir toujours avoir raison envers et contre tout dans des matières pourtant légitimement sujettes à discussion. L’ancien adage parfois attribué à saint Augustin, In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas, exprimait bien ce que nous devrions vivre plus souvent : l’unité dans les choses nécessaires, la liberté dans les choses douteuses, et la charité en toutes choses. Pensons d’abord à l’autre avant de penser à nous car le Seigneur qui devrait être notre règle et notre grand modèle, comme il le dira lui-même, n’est pas venu pour être servi, mais pour servir. Et tâchons de pratiquer cette manière d’agir pendant nos vacances que je souhaite à chacun d’entre vous d’être les meilleures possibles.