Petit catéchisme sur la mort et les fins dernières

Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre · 2021-11-01 · Introibo 160 - novembre 2021

d’après le Missel quotidien du Barroux

Qu’est-ce que la mort ?

La mort est la séparation de l’âme et du corps. Notre corps retourne à la terre, mais notre âme, qui est immortelle – c’est-à-dire qui ne peut mourir – paraît devant Dieu pour être jugée sur ses bonnes et mauvaises actions. C’est ce qu’on appelle le jugement particulier.

Pourquoi la mort est-elle entrée en ce monde ?

C’est le péché, œuvre du diable et de l’homme, qui a introduit la mort dans le monde. Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de la perte des vivants… Oui, Dieu a créé l’homme incorruptible, il en a fait une image de sa propre nature ; c’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde. (Livre de la Sagesse)

Pourquoi avons-nous peur de la mort ?

Nous pouvons avoir deux raisons de craindre la mort :
• nous avons peur du départ vers quelque chose que nous ne connaissons pas
• nous avons peur des conséquences de ce que nous avons fait pendant notre vie, en prenant conscience de notre res­ponsabilité et des comptes à rendre.

Cette seconde crainte est bonne car elle réveille en nous le sens de Dieu et celui du péché.

En quoi la mort du Christ a-t-elle changé notre mort ?

Le Christ a assumé la mort, non pour la faire disparaître, mais pour la transformer en mystère de vie : Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance. Sa mort est pour lui un passage vers la résurrection (son “mystère pascal”) et elle sauve notre âme de la mort éternelle, en attendant le jour où notre corps lui-même ressuscitera, au dernier jour.

Où va notre âme après le jugement particulier ?

Après le jugement particulier, il n’y a que trois solutions : le ciel, l’enfer ou le purgatoire. Ce choix est comme l’aboutissement de toute notre vie sur terre :

Si nous mourons en état de péché mortel, c’est-à-dire si nous avons gravement et volontairement offensé Dieu ou le prochain, si nous n’avons vécu que pour la haine ou nos convoitises, et que nous avons refusé de demander pardon et de nous repentir : ce sera l’enfer, la séparation de Dieu à jamais, pour demeurer dans un lieu où l’on ne veut plus et où l’on ne peut plus aimer.

Si nous n’avons vécu que pour Dieu, avec un cœur d’enfant, débordant de charité pour nos proches : ce sera le ciel, le paradis promis par Dieu, où nous le verrons et le posséderons pour toujours dans une joie infinie.

Mais si, au moment de notre mort, notre âme est encore recou­verte de saletés, de compromis avec le mal, bien qu’y demeurent le désir et la soif de Dieu et de son amour : ce sera alors le purgatoire, l’ultime miséricorde de Dieu qui nous offre un lieu de purification et de guérison dans la souffrance, où nous pouvons préparer notre âme à le voir.

Pourquoi Dieu permet-il le purgatoire, ce lieu de souffrance ?

Dieu permet le purgatoire afin que le feu de la rencontre avec le Christ « nous transforme et nous libère, pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes. Les choses édifiées durant la vie peuvent alors se révéler paille sèche, vantardise vide et s’écrouler. Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l’impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut. Le regard du Christ, le battement de son cœur nous guérissent grâce à une transformation assurément douloureuse, comme “par le feu”. Cependant, c’est une heureuse souffrance, dans laquelle le saint pouvoir de son amour nous pénètre comme une flamme, nous per­mettant à la fin d’être totalement nous-mêmes et par là totalement de Dieu » (Benoît XVI).

Peut-on aider les âmes du purgatoire ?

Déjà dans l’Ancien Testament existait cette idée que nous pouvons venir en aide aux défunts par la prière et par l’aumône. Dans la tradition chrétienne s’est ajoutée la certitude que le saint sacrifice de la messe apporte “repos et fraîcheur” aux âmes des défunts. La pratique des indulgences applicables aux défunts (cf. ci-dessous) est également un excellent moyen de venir en aide aux âmes du purgatoire.

Comment se préparer à la mort ?

On se prépare à la mort en fortifiant son âme de deux manières :
• par rapport à la mort elle-même : nous devons apprendre à fortifier notre cœur, par des actes de foi et d’espérance, pour ne pas nous laisser dominer par la peur de la mort elle-même.
• par rapport au jugement : le plus important est de se recon­naître responsable de ses actes passés, de ses erreurs et de ses fautes, et de prendre l’habitude de demander pardon. La miséricorde de Dieu est infinie : elle est plus forte, plus puissante que tous nos péchés.

Au ciel, veille aussi sur nous le cœur d’une mère, celle que nous invoquons si souvent : « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. »


 

Indulgences plénières pour les défunts

Conditions générales

L’indulgence plénière ne peut être acquise qu’une seule fois par jour.

Pour gagner une indulgence plénière les conditions générales sont :
- être en état de grâce,
- refuser tout attachement au péché (même véniel),
- accomplir l’œuvre prescrite dans le temps prescrit (si une œuvre est attachée à un jour particulier),
- confession sacramentelle (au moins 8 jours avant ou 8 jours après l’œuvre accomplie),
- avoir communié le jour même,
- prier aux intentions du Souverain Pontife (même de façon générale). 

Les indulgences accordées par l’Église en novembre

Une indulgence plénière, applicable seulement aux âmes du Purgatoire, est accordée aux conditions ci-dessus au fidèle qui :
1° visite un cimetière et prie pour les défunts entre le 1er et le 8 novembre;
2° le jour où est célébrée la commémoraison de tous les fidèles défunts (2 novembre), visite une église ou un oratoire et y récite le Pater et le Credo.