Marie n’est pas une option !
Abbé Nick Rettino-Parazelli, FSSP · 2023-05-01 · Introibo n°177 — mai 2023
La place de la Sainte-Vierge dans le plan de Dieu
« Messire Dieu premier servi », disait la Pucelle d’Orléans, mais pas le seul servi, pourrions-nous ajouter. Le culte de la Très Sainte Vierge-Marie n’est pas une dévotion parmi d’autres, qui serait laissée à la discrétion de chacun. Après la Très Sainte Trinité, il y a la sainte Humanité du Christ, et Marie n’est jamais bien loin de celle-ci.
La Bienheureuse Vierge dépasse tout ce que nous pouvons concevoir en termes de pureté et de sainteté. Il n’y a qu’à considérer la relation que Dieu a établi entre nous et lui et entre lui et elle pour nous en convaincre. Depuis que le Christ Jésus nous a rachetés en offrant sa vie pour nous sur la croix, nous sommes devenus les fils par adoption de la Très Sainte Trinité. Mais depuis le jour de l’Annonciation, la Très-Sainte-Vierge est devenue par nature la Mère de Dieu.
Non seulement Marie devient la Mère de son Dieu, mais elle le devient naturellement. Jésus est vraiment le fruit béni de ses entrailles. Il s’engage du même coup à observer envers elle tous les devoirs d’un fils envers sa mère. De notre côté, c’est par pure grâce que le Seigneur nous accueille dans sa famille. Nous sommes ses enfants, et donc ses inférieurs, et par adoption qui plus est. Nous avons plusieurs obligations envers Dieu, à titre de Créateur et plus encore à titre de Père, mais lui n’en a aucune à notre endroit, sinon celles auxquelles il a lui-même voulu se contraindre dans son immense amour.
Disons plus, Marie est la Mère naturelle de l’Homme-Dieu, mais elle est aussi spirituellement son épouse, sa compagne, son aide dans l’œuvre de notre rachat. Marie a coopéré activement à toute la vie de Jésus. Ce sont Jésus et Marie ensemble qui nous font enfants de Dieu. Par conséquent, si Dieu est notre Père adoptif, la Très-Sainte-Vierge est notre Mère adoptive et nous avons envers elle tous les devoirs d’amour et de respect qu’un enfant a envers celle qui lui a donné la vie. Nous n’avons de si strict devoir envers aucun autre saint, canonisé ou non. L’-Église, en effet, est le corps du Christ. Le Seigneur Jésus en est la tête et tous les membres sont ordonnés à la tête, existent pour la tête. Le corps est ainsi fait que certains membres dépendent d’autres membres. C’est le cas de la main, qui dépend de l’avant-bras, qui dépend lui-même du bras, etc. pour se rattacher à la tête. Dieu a donc voulu que nous dépendions plus ou moins d’autres personnes pour atteindre le Christ. Mais aucun membre n’est aussi nécessaire que le cou qui fait la jonction entre le Christ-Tête et les membres-fidèles. Et le cou de ce corps, c’est Marie. Inutile de chercher un autre chemin. Il n’y en a guère.
À la messe, les prières sont le plus souvent adressées à Dieu le Père par Jésus-Christ. De la même manière, nous pourrions adresser nos demandes à Jésus-Christ par la Vierge Marie. Ce n’est pas usurper le rôle de médiateur du Christ que de passer par sa Sainte Mère, puisque lui-même n’est venu à nous que par son intermédiaire. Ce n’est rien enlever non plus à Dieu que de donner à Marie, ou alors ce sera la faute de Dieu, puisque lui-même le premier lui a tout donné. Que manque-t-il, en effet, à celui qui a Dieu ?
N’ayons de cesse de parler à Marie et de parler de Marie. Vraiment, il est juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de lui rendre nos hommages, de l’invoquer toujours et partout, car en donnant naissance au Fils de Dieu dans la chair, elle a engendré la tête de laquelle nous sommes le corps. Elle que le Seigneur a comblée des grâces les plus précieuses et qu’il a voulu placer audessus de toutes les autres créatures.