Prier avec saint Pierre Canisius
Saint Pierre Canisius · 2018-05-01 · Introibo n°124
Patron secondaire de notre diocèse
Notre diocèse, et la ville de Fribourg en particulier, a la grande grâce de pouvoir compter sur le patronage de saint Pierre Canisius, Docteur de l’Église, qui mourut à Fribourg en 1597. Il est le fondateur du Collège Saint-Michel et de la Congrégation Mariale de la Basilique Notre-Dame. A son école, prions Dieu et la Vierge Marie !
Je Vous remercie du fond du cœur, ô mon Dieu plein de pitié, mon Créateur, mon Sauveur, mon Protecteur, ma Vie, mon Refuge, mon Salut, à chaque jour, à chaque moment où je fais voile au hasard sur cette mer orageuse de la vie humaine, où je suis si étrangement ballotté par le bien et le mal que j’ignore souvent quel vent me pousse, où va mon navire, où je suis, et comment je dois accomplir ma course. Telle fut aussi mon expérience d’Ancône, où j’arrivai en juin de cette année 1568 avec le cardinal d’Augsbourg. J’examinais ma conscience à la cathédrale, et Vous m’avez ouvert les yeux de l’esprit, ô Lumière Éternelle, Vous avez illuminé avec miséricorde celui qui gisait dans les ténèbres, et il saura désormais humilier son esprit dans votre vérité, et apprendre d’une manière nouvelle à se soumettre à Vous et à Vous servir, ô Seigneur, Dieu saint, le seul bien absolu de chaque créature.
Cette lumière dont vous avez inondé mon âme était telle que j’ai pu apprendre, à ce moment, et depuis à placer toutes mes intentions et actions sur une base vraie et solide. J’ai compris de Vous que cette fondation est la connaissance de soi-même, de sa propre vilenie, de son rien, et jetant les yeux sur moi, j’ai vu, dans le royaume de la bonté, combien je ne suis rien, ne sachant rien, ne voulant rien, ne faisant rien, ne possédant rien, car en Vous seul est le commencement, le milieu et la fin de tout bien, en Vous seul chaque créature raisonnable doit toujours placer son bien. Vous me l’avez enseigné, ô Maître parfait, il reste encore en moi beaucoup d’impureté, car j’ai négligé et fait peu de cas de ce que je ne suis rien, de ma nudité aux yeux de Votre Majesté. J’ai regardé mes actes avec des yeux d’homme, je n’ai pas crié avec saint Jean : Non sum, non sum. Oh! puissiez-Vous accroître en moi la grâce de marcher avec les Mages dans cette lumière nouvelle, et de me considérer en toutes mes voies comme je suis réellement, et non pas comme je le parais ; pour me rendre capable de dire, du fond du cœur : Abyssus abyssum invocat, je veux dire l’abîme de mon néant appelant toujours l’abîme de votre infinie Majesté, puissante et parfaite.
Je confesse mon péché, ô Père très aimant, car je ne Vous ai pas rapporté les dons que j’ai reçus de Vous, mais souvent j’ai pris appui en moi-même, j’ai permis avec joie aux autres de me louer à cause d’eux, ne disant rien, ne faisant rien dans l’esprit de celui qui crie : Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam. Mais, à cette heure, je suis résolu, avec votre secours, à me considérer avec un regard neuf, et à marcher comme je le dois, dans l’humilité et la simplicité du cœur.
Saint Pierre Canisius, Epistulae et Acta, vol I, p. 29-30
Ô Marie, Reine très auguste, Mère très fidèle,
nul ne vous implore avec piété sans être écouté et tous les hommes vous sont attachés par le souvenir éternel de vos bienfaits.
C’est donc vous que je prie et supplie, inlassablement et avec respect,
de bien vouloir ratifier et agréer chacun des témoignages de ma dévotion envers vous.
Veuillez mesurer la petitesse de mes offrandes selon l’ardeur de la bonne volonté avec laquelle je vous les présente et daignez les recommander à votre Fils tout-puissant.
Ainsi soit-il !
Saint Pierre Canisius, De Maria, Virgine incomparabili et Dei Genitrice sacrosancta, lib. V, p. 780